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LE CROYANT (2)

L’AO identifie le Croyant au Comparse, c’est-à-dire qu’elle l’oppose aussi bien à l’Individu en tant qu’il n’assume pas la solitude ontologique et au Savant en tant qu’il n’a pas/plus conscience de la Loi. Autrement dit, au lieu de s’astreindre à avancer dans son Processus avec le seul ressort vif de sa Volonté, il s’est réfugié dans le Système où il stagne de tout le plomb fondu de son Désir. Cependant, il faut distinguer deux façons de stagner : l’une passive et l’autre sur-active voire hyper active – même si ces deux modes sont toujours susceptibles de se rejoindre et de se confondre.

I. CROYANT ET DÉSIR RÉGRESSIF.

Si un individu, pris par la Phobie progressive, cède à la Tentation et opère le mouvement de repli ontologique à l’intérieur du Système, c’est qu’il ne peut supporter la solitude ontologique. Il a au minimum besoin des autres pour continuer de former avec eux la Totalité bienheureuse dont il a gardé une nostalgie inextinguible. Cependant, aussi chaude que soit la sécurité dans laquelle il se love, la Loi ne cesse pas d’être la Loi et de prévaloir en tout et toujours. En particulier, le repli sur le Même du Système n’annule pas l’Autre ; le confort de la vie communautaire ne supprime pas la mort. À tout instant et à tous les étages, le Système s’avère inapte contre les dangers qu’il avait la vocation de parer sans faillir ; quel que soit l’étage qu’ils occupent dans la Hiérarchie, les autres sont insuffisants si ce n’est totalement impuissants. Ce que percevant, le Comparse a alors besoin d’une sorte de super Autrui sur qui il puisse compter en tout, une instance impérissable et indéfectible, qui sache tout pour tout anticiper, qui puisse tout pour tout neutraliser. Omniscience et omnipotence : Dieu.

Le Comparse qui n’aspire qu’à la sécurité absolue, qui désire être protégé à chaque instant de sa vie et même au-delà, qui désire être bercé et consolé, choyé et comblé, qui désire échapper à l’Autre, à la mort, à la Loi, à toute la condition humaine, celui-là, cédant au Désir régressif, fabrique Dieu – et tout le religieux divin.

II. CROYANT ET DÉSIR AGRESSIF.

Pour autant qu’il cède à la Tentation du Désir et opte pour le repli et le refuge dans le Système, l’individu ne cesse pas une seconde d’être travaillé par cette donnée fondamentale de la Loi, à savoir l’aspiration ontologique. Chacun, de toutes ses fibres, aspire à la plénitude, au bonheur dit Rousseau – à l’Être. Pour répondre à cette aspiration, l’individu, dans son Processus, s’arme de sa Volonté pour avancer, devenant ainsi le Héros ; dans le Système, il s’enfle de tout son Désir, se faisant ainsi le Comparse. Le Héros s’évertue en permanence à être plus fort que soi-même ; au Comparse, il ne reste qu’une solution : s’efforcer à être plus fort que les autres. Là où le Héros s’emploie à se dépasser lui-même, le Comparse s’épuise à dépasser tout le monde ; là où le Héros ne vise qu’à triompher de soi, le Comparse s’acharne à écraser chacun.

Mais quel est son carburant ? Ou quels sont les objets de son Désir.

Ignorant désormais la Loi et la nature véritable de l’Être, il n’a plus en vue que les trois domaines il peut dépasser Autrui : l’Avoir, le Pouvoir et la gloire. Ignorant que l’Être est d’aller le plus loin possible sur la pente ascendante du Processus, il se met à croire qu’il est saisissable au sommet d’une Distance de richesse, de puissance et de strass. De l’Avoir, du Pouvoir et de la gloire il fait ses Scandales. La conscience entièrement obsédée par ces images magnifiques et fausses, il est le Croyant qui met tout en œuvre pour parvenir au sommet de ces Verticales éblouissantes et ivres. Celui-là, persuadé que l’Être est un faîte d’où il surplombera tout le monde et même le monde, cédant au Désir agressif, fabrique les idoles – et tout le religieux mondain.

Cependant, il ne faut jamais perdre de vue que ces deux formes de la croyance, régressive et agressive, ne sont en rien exclusives l’une de l’autre. Il est patent que le Croyant mondain peut aussi compter sur Dieu pour devenir riche (les protestants), pour détenir le Pouvoir (le roi de droit divin ou le pape) ou pour se nimber de prestige et d’aura (les deux mêmes et tant d’autres…)

Et toi, où en es-tu avec toute forme de religieux ?

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