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MACRON/LE PEN : POLITIQUE ET RELIGIEUX

C’est peut-être le soir du débat de l’entre-deux tours que la France s’est trouvée devant le choix crucial.

Face à face M. Le Pen et E. Macron.

D’emblée la première donne le ton, c’est-à-dire impose le terrain sur lequel elle entend placer la rencontre. Immédiatement accusatrice, agressive, vindicative, ricanante, elle manifeste clairement son intention d’éviter la confrontation contradictoire des idées par leur exposition claire, pour se livrer à une agression massive de celui qui n’est pas alors pour elle un adversaire mais proprement un Rival, c’est-à-dire un ennemi. Elle l’accuse de tous les maux, le charge de toutes les fautes, le taxe de toutes les tares, multipliant les attaques ad hominem et étalant à la pelle les marques de son mépris. Il est évident qu’elle est dans le combat et non dans le débat, et qu’elle ne se trouve animée que par le Désir, celui de gagner contre son ennemi par K.O., c’est-à-dire de l’anéantir, pour ériger sa Verticale écrasante et triomphale sur la ruine macronienne ou la dévastation emmanuelsque. Très clairement, elle se désire la divinité unique et toute-puissante, juchée dans toute sa gloire au sommet de son Système, lequel apparaît n’être plus, comme tout Système, qu’un univers replié sur son Même et verrouillé sur son Privilège, en l’occurrence français. En un mot, M. Le Pen se situe résolument dans le religieux.

En face d’elle, E. Macron tient un autre cap : expliquer, expliciter, détailler, ouvrir les perspectives, dessiner le profil d’un avenir, véritablement élaborer un projet. Quant à lui, très clairement, il manifeste la Volonté de se situer dans le politique.

Pour M. Le Pen, comme toujours chez le Comparse possédé par le Désir de s’emparer de la position divine ou scandale, tous les moyens sont bons. C’est ainsi qu’elle montre qui elle est : méchante, vulgaire et, en très gros plan, creuse. C’est ainsi par la même occasion que tout au Désir d’être un dieu, elle se révèle être un diable, car qui joue avec le feu du religieux court toujours le risque de s’y brûler l’Être, ou qui se désire Dieu court toujours le risque de se retrouver gueux.

La France a choisi : la dame a perdu. Mais E. Macron a-t-il pour autant gagné ? Ce serait peut-être le pire.

En effet, il ne faudrait pas l’oublier, pour lui, tout reste à faire. Il est apparu ancré dans le bon substrat le soir du débat mais il doit maintenant clarifier sa position, c’est-à-dire définir son attitude d’homme d’état : va-t-il poursuivre sur la voie du politique en incarnant la volonté générale, c’est-à-dire en exerçant l’Autorité, ou va-t-il s’engager à son tour dans la voie du religieux en se drapant dans sa Verticale présidentielle (« jupitérienne » a-t-on déjà entendu dire) pour faire valoir sa volonté particulière ( = son Désir), c’est-à-dire exercer le Pouvoir ? E. Macron : Mentor ou Comparse ?

C’est lui maintenant qui se trouve devant le choix crucial.

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